CONFRONTATIONS
Saison 1 - épisode 06
par Miranda Wolf
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Cela faisait longtemps que Patricia Hartling ne s'était pas sentie aussi stressée ; bien sûr, sa profession l'obligeait à ne jamais être totalement détendue, et ses responsabilités s'étaient encore accrues lorsqu'elle avait rejoint l'unité formée dans le but de dissoudre l'organisation qui se faisait appeler Athena. Patricia ne s'en plaignait pas, tout au contraire : elle avait toujours su se montrer ambitieuse et déterminée, et ce poste était pour elle comme une récompense. Seulement, maintenant, il lui fallait prouver à ses supérieurs qu'ils avaient eu raison de lui accorder leur confiance : elle se devait de mener des actions efficaces si elle voulait remplir la mission qui lui avait été confiée. En résumé, il lui fallait dans un premier temps réduire le champ d'action d'Athena, pour ensuite démanteler totalement le groupe. Mais la tâche était ardue, et Patricia Hartling était bien placée pour le savoir. Athena disposait de nombreuses ressources, et le FBI, pour le moment, ne détenait pas l'ombre d'une piste valable. Heureusement, la situation pouvait encore s'améliorer, puisqu'ils possédaient désormais quelque chose qu'Athena souhaitait ardemment récupérer : Kathy.
Même si elle se doutait que ce n'était pas très charitable, Patricia ne pouvait s'empêcher de considérer la fillette autrement que comme un objet, une clef menant le Bureau à la victoire. Kathy était la preuve vivante des activités et de la dangerosité d'Athena. Elle marquait le début de la déchéance de ce complexe paramilitaire qui vivait depuis de trop nombreuses années dans la clandestinité, et qu'il devenait urgent d'éliminer.
Malgré tout, Patricia Hartling demeurait soucieuse : la satisfaction qu'elle avait éprouvée en retrouvant la trace de la petite fille était rapidement retombée lorsqu'elle avait réalisé que l'enfant n'était pas vraiment décidée à coopérer. D'accord, Kathy s'était soumise sans broncher à tous les tests possibles et inimaginables…mais elle n'avait que très rarement ouvert la bouche pour répondre aux questions que l'agent fédéral lui avait posées. Restait à savoir si cette attitude était volontaire ou si -comme le prétendait Lauren Walters, cette psychologue qui avait pris Kathy sous sa protection- la fillette ne pouvait réellement pas lui fournir les réponses qui auraient permis à ses investigations de progresser.
C'était pour être fixée à ce sujet que Patricia avait décidé de soumettre Kathy au détecteur de mensonges ; pour l'occasion, elle avait demandé l'autorisation d'utiliser un appareil plus sophistiqué que ceux dont ses collègues se servaient habituellement. Évidemment, la machine n'était pas très discrète : de loin, elle ressemblait à un énorme cube noir muni de tentacules. En fait, ces tentacules faisaient office d'électrodes : ces fils reliaient Kathy à l'ustensile ; ainsi renseignés, les capteurs pouvaient mesurer la tension de la petite et son rythme cardiaque. Quant au gros cercle métallique qui entourait la tête blonde de la fillette, il servait à évaluer son activité cérébrale. Le tout était branché sur ce que Patricia avait tendance à comparer à un sismographe. Équipée de cette manière, la petite fille ressemblait presque à un robot télécommandé ; sa raideur et sa pâleur contribuaient d'ailleurs à renforcer cette impression.
Patricia avait tenu à ce que personne n'assiste à l'entretien. Kathy et elle se trouvaient donc seules dans une petite pièce insonorisée et dépourvue de fenêtres. Cependant, avant de s'enfermer dans ce local, l'agent fédéral avait tenu à s'assurer qu'il était doté d'un détecteur de fumée : si jamais Kathy venait à s'emporter, comme elle l'avait fait la veille, lorsqu'elle avait paniqué à l'idée de recevoir une injection, Patricia tenait à ne pas finir étouffée par la fumée, ou même totalement brûlée…
Pour le moment, la fillette paraissait relativement calme, et il fallait espérer que cela durerait.
" Est-ce que tu es prête, Kathy ? ", lui demanda Patricia, s'asseyant face à elle.
L'interrogée voulut hocher la tête, mais le casque l'en empêcha : " Oui. ", répondit-elle simplement. Elle posa une main sur le casque métallique : " Mais je suis obligée de garder ça ? C'est lourd et ça me gêne.
- Je sais, ce n'est pas très pratique, mais tu ne seras pas forcée de le conserver longtemps si tu réponds à toutes les questions que je vais te poser. "
La fillette afficha une moue résignée : " D'accord. Je vais essayer. ", déclara-t-elle, soumise.
Patricia, satisfaite, tira une liste de questions de la poche de sa veste et la posa devant elle avant de reprendre la parole, bien décidée à tirer le maximum de renseignements de cet interrogatoire.Assis devant un verre rempli de whisky, Jason Barlow repensait à ce que son ex-femme venait de lui apprendre ; Naomi était passée le voir en coup de vent, totalement affolée, et il avait tout d'abord eu beaucoup de mal à comprendre ce qui s'était passé. Finalement, elle s'était calmée après qu'il l'eût forcée à s'asseoir et à parler moins confusément.
" L'appartement. ", avait-elle réussi à articuler. " On a cambriolé notre appartement ! "
Jason avait immédiatement senti la crainte lui serrer la gorge. Il avait eu du mal à ravaler sa salive, et les mots, durant un instant, avaient bien failli se mettre en grève. Il avait demandé des explications à son ex-femme, et Naomi, encore sous le choc de ce qu'elle venait de découvrir, lui avait répondu en bafouillant à moitié : " Ils ont tout démoli : ils ont renversé les meubles, vidé les armoires…et ils ont même jeté tous nos vêtements par terre ! Et le plus dingue, c'est qu'ils n'ont rien pris ! Rien du tout ! Même pas la télé ! "
Cette dernière information avait renforcé le malaise de son interlocuteur ; un cambrioleur se contentait rarement de semer le désordre derrière lui sans rien voler… À cette seconde même, Jason revit devant lui le visage joufflu d'un gros homme aux dents de requin. Il entendit même la voix de cet individu, calme mais pourtant terriblement menaçante : " Continuez à vous moquer de nous, et vous tomberez dans des flammes qui n'auront rien à envier à celles des Enfers. Et toute votre charmante famille vous accompagnera dans la chute. " Un frisson lui parcourut l'échine au souvenir de ces mots lourds de signification, et il dut fournir un effort gigantesque pour surmonter son désarroi. Il s'était efforcé de rassurer Naomi, il lui avait dit que le voleur avait probablement été dérangé par un bruit qui l'avait incité à s'enfuir sans rien emporter, et elle avait paru se satisfaire de cette explication.
" Mais qu'est-ce que je vais dire aux enfants ? ", lui avait-elle demandé, catastrophée.
Jason lui avait promis d'aller lui-même les chercher à la sortie des cours, pour les prévenir en douceur. Il devinait pourtant que Marlene s'effondrerait en apprenant la nouvelle ; elle avait déjà eu beaucoup de mal à admettre le licenciement de sa mère… Ce cambriolage la révolterait probablement davantage. L'adolescente, d'ordinaire si pacifique, donnait de plus en plus l'impression d'en vouloir au monde entier, et ce comportement n'était pas sans effrayer Jason, qui se demandait jusqu'où il pourrait bien la mener.
Naomi s'était résolue à sacrifier un entretien d'embauche pour aller déposer une plainte au commissariat ; Jason ne s'était pas proposé à l'accompagner. Il avait bien trop peur d'y rencontrer David Shelton. Il avait même été soulagé d'apprendre que son équipier avait pris un congé maladie : il se sentait parfaitement incapable d'affronter une fois de plus son regard et ses accusations. Cette situation, pourtant, l'affligeait terriblement : comment s'y était-il pris pour tout gâcher d'une manière aussi radicale ? Et pourquoi avait-il fait preuve d'une telle faiblesse, d'une telle naïveté ?
Ce qui est fait est fait, songea-t-il après avoir avalé une gorgée de whisky. C'était le troisième verre qu'il avalait ainsi, seul dans son studio devenu beaucoup trop silencieux. Il était trop tard pour chercher à recoller les morceaux. Les dés étaient définitivement lancés, et il n'avait plus qu'une seule chose à faire pour enrayer les terribles rouages de la monstrueuse mécanique qui venait de se mettre en marche. Sans le vouloir, sans même le savoir, il était devenu un pion sur l'immense échiquier qu'avait dressé Athena…Lauren Walters étouffa un soupir lorsque son regard tomba sur les aiguilles de l'horloge accrochée au mur de sa cuisine, et elle repoussa d'un geste la tranche de pain grillé qu'elle ne se sentait décidément pas capable d'avaler. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à Kathy, et à toutes les énigmes qui entouraient la fillette. Elle commençait à se demander si elle parviendrait vraiment à l'aider efficacement ; les évènements de la veille, en tous cas, n'étaient pas très concluants : à cause d'elle, Kathy avait bien failli être rattrapée par ses poursuivants, et sa cheville douloureuse était bien là pour le lui rappeler.
Comme prévu, Patricia Hartling n'avait pas accueilli la nouvelle avec sérénité ; tout au contraire, l'agent spécial n'avait rien caché de son irritation et de son exaspération lorsque David Shelton et elle-même lui avaient relaté les faits : " Vous êtes contents, j'espère ? ", leur avait-elle lancé, excédée. " Cette petite course-poursuite vous a bien amusés, au moins ? Vous ne pourrez pourtant pas dire que je ne vous avais pas avertis ! Vous avez absolument tenu à faire sortir cette gamine de cet immeuble : le résultat vous convient-il, ou est-ce que vous avez l'intention de remettre ça, histoire de pimenter un peu vos journées ? "
Lauren avait tenté de protester, mais cela n'avait fait qu'attiser davantage la colère de l'agent Hartling, qui n'avait pas hésité à s'en prendre directement à elle : " Vous, vous feriez nettement mieux de vous faire oublier ! Vos conseils sont complètement dépassés : vos cours de psychologie ne pourront rien contre Athena, figurez-vous ! Alors fichez-moi la paix et essayez de ne pas bazarder mon boulot, ok ? "
Elle s'était donc résolue à ne rien répliquer, et depuis, elle n'avait pas chassé ces accusations de sa mémoire. Plus elle y pensait, et plus elle se demandait s'il n'y avait pas un fond de vérité derrière ces phrases chargées de contrariété et de colère non refoulée. Car après tout, c'était elle, effectivement, qui avait insisté pour que Kathy quitte, ne serait-ce qu'un instant, le building fédéral… Patricia Hartling avait au moins raison sur un point : pour le bien-être de Kathy, il valait peut-être mieux qu'elle essaie de prendre du recul pour éviter de reproduire une erreur de ce type. Parce qu'en agissant ainsi, c'était la vie de Kathy, bien plus que la sienne, qu'elle avait mise en danger…
Lauren venait juste de se lever de sa chaise lorsque la sonnette de la porte d'entrée retentit. Elle traversa successivement la cuisine et le salon pour aller ouvrir, sans prêter attention à sa cheville blessée ; au début, elle se contenta d'entrebâiller la porte. Sa méfiance s'était décuplée depuis cette matinée tragique où elle avait découvert le corps de Mona, cette infirmière amène et joyeuse, que des inconnues avaient assassinée dans son propre bureau.
Deux hommes se tenaient sur le seuil. L'un d'eux, un grand type au visage buriné, lui présenta un porte-cartes : " Vous êtes Lauren Walters ? "
La psychologue se contenta d'acquiescer, étonnée : le badge et la carte lui signalaient que ses visiteurs appartenaient au FBI. Ces derniers jours, Lauren avait eu le sentiment de passer un peu trop de temps en compagnie d'agents fédéraux.
" Qu'y a-t-il ? ", demanda-t-elle à son vis-à-vis.
L'homme remit prestement sa carte dans la poche intérieure de son veston sombre : " Nous sommes envoyés par l'agent Hartling. Elle nous a demandés de vous escorter.
- De m'escorter ? ", répéta Lauren, incrédule. " Comment ça ? Que se passe-t-il ?
- L'agent Hartling vous répondra lorsque nous vous aurons menée jusqu'à elle. ", lui répondit laconiquement l'inconnu. " Suivez-nous, s'il vous plait. "
Lauren hésita : les manières de cet homme étaient certes polies, mais elles ne lui paraissaient pas très naturelles.
" Qu'est-ce qui a empêché l'agent Hartling de se déplacer personnellement ? ", voulut-elle savoir.
Un tic d'agacement déforma le visage figé de son interlocuteur : " Son emploi du temps était trop chargé pour qu'elle puisse se libérer. ", lui dit-il un peu froidement.
Lauren se décida à retirer la chaîne qui entravait l'ouverture de la porte, et elle en profita pour dévisager le deuxième personnage. Plus petit que son collègue, il dégageait pourtant la même antipathie. Et, chose surprenante, il était presque habillé de la même manière : comme lui, il arborait un costume noir et une chemise blanche. Seule la couleur de sa cravate différait. Baissant machinalement les yeux, Lauren réalisa que les deux hommes, non contents d'afficher une tenue vestimentaire identique, portaient également les mêmes chaussures.
Ce détail la troubla plus que de raison, et elle voulut repousser la porte : " Désolée, je suis trop occupée. J'ai un rendez-vous que je ne peux pas annuler… "
C'était faux, évidemment, mais elle n'avait aucune envie de suivre ces deux hommes à la mine sinistre. Malheureusement, un bras se glissa dans l'ouverture, l'empêchant de refermer la porte. Lauren tenta de résister à cette intrusion, mais son adversaire était bien trop fort, et elle fut forcée de capituler. Elle recula, et la porte alla cogner contre le mur ; le deuxième personnage, celui qui n'avait pas encore prononcé un mot, dirigea vers elle le canon menaçant d'une arme à feu : " Je crois que votre rendez-vous devra attendre. ", gargouilla-t-il en avançant d'un pas. " Vous n'êtes pas d'accord ?
- Que… Que me voulez-vous ? " Lauren essayait de conserver son sang-froid, mais la vue du pistolet braqué dans sa direction ne l'y aidait pas beaucoup.
" Nous voulons seulement vous présenter une personne qui est impatiente de vous rencontrer. ", articula l'autre personnage, arborant un sourire presque cynique. Il glissa une main sous son veston et en retira une arme du même calibre que celle de son acolyte : " Refusez-vous encore de nous suivre ? ", lui demanda-t-il ironiquement, brandissant l'arme devant lui.
Lauren se résigna à obtempérer, sachant que, de toute façon, elle n'avait aucune autre alternative : " Où allons-nous ? ", questionna-t-elle seulement en retour.
Elle ne reçut aucune réponse, et l'un des deux inconnus lui fit un vague signe : " Passez devant. ", lui commanda-t-il. " Et évitez de vous montrer audacieuse : le tir sur cible vivante est mon sport favori. "
Voulant ignorer le rictus malsain du personnage, Lauren fit ce qu'il lui avait demandé et suivit les instructions qui lui étaient données. Elle se retrouva bientôt au beau milieu du parking le plus proche de son domicile, à quelques mètres d'une grosse berline noire aux vitres teintées.
" Montez. ", lui ordonna l'un de ses convoyeurs.
N'ayant pas d'autre choix, Lauren ouvrit une des portières et s'installa sur une confortable banquette en cuir ; à ses côtés, se tenait un gros homme qu'elle n'avait jamais rencontré. Lui aussi portait un costume sombre, et il tenait dans une de ses grosses mains une paire de lunettes noires. Il adressa à sa compagne un sourire de prédateur : " Je suis heureux de faire enfin votre connaissance, Mademoiselle Walters. ", annonça-t-il avec affabilité. " Je suis certain que nous parviendrons à nous entendre. "
Lauren rassembla le peu d'aplomb qui lui restait pour répondre : " À votre place, je n'en serais pas aussi sûr. "
Le sourire de l'homme ne s'altéra pas : " Vraiment ? Pourtant, nous avons un intérêt commun, il me semble : vous vous intéressez au bien-être de Kathy, n'est-ce pas ? "
Lauren ne répondit rien, et ce n'est qu'à cet instant qu'elle réalisa que le véhicule venait de démarrer : " Où allons-nous ? ", demanda-t-elle précipitamment, incapable de maîtriser plus longtemps son anxiété.
" Nous allons juste nous promener un peu. ", lui répondit l'autre, toujours aussi faussement jovial. " Ainsi, nous aurons tout le temps de discuter, vous et moi. Je peux vous apprendre beaucoup de choses, vous savez ! "
La répulsion qu'elle éprouvait pour le gros personnage qui se tenait à ses côtés permit à Lauren de surmonter son appréhension : " C'est vous, n'est-ce pas ? ", lui lança-t-elle sans essayer de dissimuler toute son aversion . " Vous êtes à l'origine de tout ce que Kathy a subi, non ?
- Dites plutôt que sans moi, cette enfant n'aurait jamais pu voir le jour. ", relativisa son désagréable compagnon. " Ce n'est pas tout à fait pareil, vous ne trouvez pas ?
- Qu'est-ce que vous voulez dire ?
- Rien d'autre que l'exacte vérité, Mademoiselle Walters. Kathy me doit beaucoup.
- Vous l'avez transformée en cobaye humain ; en quoi devrait-elle vous en être reconnaissante ? Vous l'avez traumatisée, vous avez fait de sa vie un véritable cauchemar… Elle se considère comme un monstre. Elle se fait peur à elle-même. Est-ce que ça vous semble normal ?
- Les circonstances ne sont pas idéales pour elle. ", déclara posément le gros homme. " Je conçois qu'elle puisse se sentir un peu perdue… Vous voulez l'aider, Mademoiselle, je n'en doute pas…mais vous ne le pouvez malheureusement pas. Vous n'êtes pas qualifiée pour cela. Kathy n'est pas une enfant ordinaire, et toutes les méthodes que vous employez pour l'aider à reprendre confiance en elle ne vous seront d'aucune utilité. "
Lauren avait déjà entendu ces reproches, même si la formulation de Patricia Hartling avait été un peu plus directe et moins délicate.
" Si Kathy en est là, intervint-elle froidement, c'est de votre faute. "
L'autre ne se défit aucunement de son sourire carnassier : " Vous croyez tout savoir sur nous, mais en fait, vous ignorez tout. Vous ne connaissez qu'une partie de la vérité, celle que le FBI a bien voulu vous communiquer.
- Alors qu'en est-il vraiment ? Qu'est-ce que je devrais savoir de plus ?
- Nous ne sommes pas des mercenaires sans pitié, Mademoiselle Walters, et nous ne sommes pas non plus des savants fous.
- Mais vous avez beaucoup de sang sur les mains. Je suis bien placée pour le savoir.
- Vous voulez parler de cette pauvre infirmière ? " Le regard de son interlocuteur se voila légèrement. " C'était un accident totalement imprévisible, je le crains.
- Elle a reçu deux balles dans le corps. C'est ce que vous appelez un accident, peut-être ?
- Nous avons des intérêts à protéger, et ces mêmes intérêts nous interdisent tout sentimentalisme. Nous nous devons d'être efficaces. Ce qui est arrivé à cette malheureuse femme est regrettable, et si nous avions pu nous en dispenser, nous l'aurions fait volontiers…
- Et Johanna ? "
Le sourire artificiel du personnage disparut d'un seul coup, pour céder la place à une expression de réelle stupeur : " Johanna ? C'est Kathy qui vous a parlé d'elle ?
- À votre avis ? Je suppose que c'était également un accident, non ?
- Johanna représentait une trop grande menace pour nous.
- Parce qu'elle voulait dénoncer vos activités au FBI ? Ou bien parce qu'elle n'acceptait pas le traitement que vous infligiez à sa petite sœur ? J'ai vu les traces de piqûres sur les bras de Kathy : un rat de laboratoire n'en aurait jamais eu autant !
- La science mérite certains sacrifices. ", énonça-t-il placidement. " L'enjeu vous dépasse, et je crois que vous en êtes pleinement consciente. "
Lauren fut soudain pressée d'en finir avec cette conversation qui semblait ne les mener nulle part. Elle décida d'y mettre fin en posant des questions plus précises : " Que me voulez-vous ? Qu'aviez-vous à me dire ? C'est pour me convertir à vos idées que vous avez organisé toute cette mise en scène ?
- En partie. Vous semblez décidée à faire tout votre possible pour soutenir Kathy, et je pensais que vous deviez entendre ce que j'avais à vous apprendre.
- Qu'attendez-vous de moi ? Que je vous mène jusqu'à elle ?
- Kathy a besoin d'être entourée par des personnes capables de comprendre ce qu'elle est vraiment. Tant que ce ne sera pas le cas, elle restera une menace, à la fois pour elle-même et pour son entourage. Vous avez déjà eu un petit aperçu de ses talents, non ?
- Et vous croyez vraiment que je vais vous croire ? Vous avez tué la sœur de cette petite, vous l'avez privée d'une existence normale, et il faudrait que je vous fasse confiance ?
- Préférez-vous vraiment faire confiance aux fédéraux ? Ils ne valent pas mieux que nous. Pourquoi pensez-vous qu'ils s'intéressent à Kathy ?
- Pour vous détruire, vous et l'organisation que vous représentez ! "
Il parut presque diverti par cette réponse : " Alors c'est ça, leur explication ? Ils étaient plus imaginatifs, à une époque ! ", releva-t-il avec amusement. Il reprit, cette fois avec plus de sérieux : " Je me permettrai de vous donner un conseil, Mademoiselle Walters : gardez toujours à l'esprit qu'il n'y a pas de vérités officielles. Il n'y a que des raisons officieuses. Essayez de ne jamais perdre cela de vue.
- Vous gaspillez votre temps. ", rétorqua Lauren. " Je ne vous vendrai pas Kathy. "
Il riposta aussitôt : " Qui parle de vendre qui que ce soit ? Si vous ne vous sentez pas prête à l'abandonner, soit : cela peut se négocier. Kathy doit vous être très attachée : pourquoi ne l'accompagneriez-vous pas ?
- Je lui ai promis qu'elle ne serait jamais plus enfermée. Je ne tiens pas à lui mentir.
- Vos intentions sont charitables, mais vous courrez à la catastrophe. ", fit l'autre, se penchant péniblement en avant pour adresser un signe à son chauffeur.
La voiture perdit de la vitesse et ne tarda pas à s'immobiliser complètement, sans que Lauren n'arrive à anticiper la suite des événements. Le gros homme se tourna à nouveau vers elle, et la portière s'ouvrit en grand. Lauren considéra tour à tour le colosse qui s'était posté près du véhicule et son compagnon, redoutant ce qui allait se produire.
" Réfléchissez à ce que vous venez d'entendre. ", déclara encore l'inconnu, remettant ses lunettes noires sur son nez épais. " Vous aurez peut-être l'occasion de réviser votre jugement.
- J'en doute. ", répondit-elle seulement.
Il lui adressa un sourire presque naturel : " J'ai une longue expérience derrière moi, et s'il y a bien un enseignement que j'ai tiré de tout ça, c'est celui-ci : la vie n'est qu'une succession de remises en question. " Il l'invita d'un geste à descendre de la berline : " Mais je vous laisse d'abord méditer sur le sens caché de notre petite discussion. "
Étrangement, Lauren sentit son angoisse revenir à la charge ; elle ne s'était pas attendue à ce que l'homme la laisse partir aussi facilement, alors que ses sbires n'avaient pas hésité à assassiner une adolescente, à abattre une infirmière sans défense et à essayer de tuer une religieuse inoffensive. Elle hésita avant de sortir de la voiture et observa les alentours, se demandant s'il ne s'agissait tout simplement pas d'une embuscade. Puis elle se tourna encore vers la berline, sans trop savoir pourquoi. Le gros homme ne s'était pas défait de son sourire, et il avait retrouvé toutes ses allures de bête fauve : " Nous nous reverrons certainement plus vite que vous le pensez. ", annonça-t-il de sa voix toujours égale, avant que son employé ne referme la portière d'un mouvement brusque.
Lauren ne réagit seulement qu'en entendant ce claquement sec, presque similaire au vacarme provoqué par une détonation. Alors elle se détourna de la berline et se mit à courir, trop effrayée pour songer à ménager son entorse. Elle courut aussi longtemps que la douleur le lui permit, puis elle s'arrêta à l'angle d'une rue pour reprendre son souffle, ignorant les regards insistants des passants. Puis elle héla un taxi et indiqua au chauffeur la direction de son domicile.David Shelton avait hésité avant de prendre la direction du domicile de Lauren Walters, se demandant si sa présence serait bien tolérée par la psychologue. La mésaventure survenue la veille dans Walton Square paraissait l'avoir bouleversée, et il avait jugé utile de lui laisser le temps de se remettre de ses frayeurs avant de revenir sur le sujet. Il avait facilement deviné que les critiques et les accusations de l'agent Hartling l'avaient véritablement affectée, et il n'avait pas pris le temps d'essayer de la réconforter, trop absorbé par ce qui venait de se passer pour y penser. Pourtant, Lauren n'avait pas grand-chose à se reprocher : c'était lui, et lui seul, qui était parvenu à convaincre Patricia Hartling de laisser Kathy quitter pour quelques minutes l'enceinte de l'immeuble fédéral.
David localisa aisément la maison de la psychologue ; c'était une construction pavillonnaire, moderne et agréable. Il s'arrêta sur le perron et remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas : la porte était entrouverte, comme si la propriétaire des lieux avait négligé de la fermer. Il posa une main sur la poignée et franchit le seuil de la maison, aux aguets. Tout semblait normal. Il n'y avait aucune trace de désordre, aucun signe alarmant, et pourtant son inquiétude ne retomba pas. Il avança encore, refermant machinalement la porte derrière lui.
" Lauren ? Vous êtes là ? "
Il n'obtint aucune réponse, et cela l'incita à tirer son revolver de son holster. Même s'il ne travaillait pas, il avait jugé préférable de ne pas se défaire de son arme.
Il passa chaque pièce du pavillon en revue et n'y découvrit personne. La maison semblait totalement abandonnée. Dans la cuisine, il trouva une tartine de pain grillé et un verre rempli de jus d'orange ; manifestement, Lauren Walters était partie de chez elle précipitamment, et il s'en demanda la raison. Était-il possible que Patricia Hartling ait cherché à la joindre ? D'après ce qu'il en savait, l'agent fédéral était déterminée à soumettre Kathy à un détecteur de mensonges, et elle avait insisté sur le fait que personne d'autre qu'elle ne devait assister à la séance, par peur d'en entraver le déroulement et de fausser les résultats. L'hypothèse était donc plus qu'improbable…
Alors qu'est-ce qui avait pu inciter Lauren à quitter son domicile de manière si impromptue ? Revenant sur ses pas, David rouvrit la porte et jeta un coup d'œil dans la rue : la voiture de la jeune femme était garée sur le bas-côté, et cette constatation eut raison de ses derniers doutes : Lauren n'avait certainement jamais eu l'intention de s'absenter. Elle y avait été obligée. Et David croyait savoir par qui.Jason avait eu beaucoup de mal à s'empêcher de se resservir un quatrième verre de whisky. La bouteille, posée sur la table basse, devant son fauteuil, l'avait tout d'abord irrésistiblement attiré, mais il avait trouvé la force de lui résister. L'alcool n'arrangerait rien à ses ennuis, et il le savait bien. De plus, il ne pouvait pas se permettre de se saouler alors qu'il avait promis à Naomi d'aller chercher les enfants à la sortie du lycée pour leur expliquer que leur appartement avait été cambriolé.
Jason appréhendait vraiment l'instant où il lui faudrait annoncer la nouvelle à Marlene. Sa fille avait toujours eu l'esprit vif, et il se demandait si elle ne risquait pas, tôt ou tard, de deviner la vérité. Pourrait-elle comprendre qu'il avait seulement agi ainsi dans le but de les protéger, Kevin et elle ?
Un coup de sonnette le tira brusquement de ses tristes pensées. Le temps qu'il s'extirpe du fauteuil, et trois autres sonneries avaient retenti, stridentes et insistantes. Jason ouvrit directement la porte pour mettre fin à ce tintamarre, et il recula d'un pas lorsqu'il se retrouva face à son coéquipier. Il s'était attendu à recevoir la visite du gros homme aux dents de requin et de ses gardes, et dans un sens, c'était presque pire. Il ne se croyait pas disposé à affronter à nouveau les reproches pourtant justifiés de David.
Il connaissait assez bien son partenaire pour savoir qu'il était hors de lui, et lorsque David claqua la porte derrière lui, Jason sut que les explications risquaient d'être encore plus orageuses que prévu.
" Dave, je suis navré, je ne voulais pas en arriver là… "
Mais David l'interrompit aussitôt : " Où est-elle ? ", lui demanda-t-il seulement.
" De qui parles-tu ? ", questionna-t-il, étonné par cette question dont il ne percevait pas le sens.
" Ne joue pas à ce jeu-là avec moi, Jason. ", rétorqua David. " Cette fois, je crois que je n'aurais aucun mal à te balancer un coup de poing si tu m'y obligeais !
- Je t'assure, je ne vois pas de quoi tu parles…
- Où est Lauren ? Où l'as-tu conduite ? "
Jason écarquilla les yeux, de plus en plus perdu : " La psy ? Je ne sais pas où elle est, moi ! Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ? "
David, lorsqu'il avait sonné à la porte de l'appartement de son collègue, s'était demandé s'il serait capable de contenir son animosité et sa rancœur. Il avait toujours fait confiance à Jason, et ce dernier n'avait pourtant pas hésité à le trahir, menaçant la vie d'une petite fille innocente ; à cause de cela, jamais plus il ne pourrait considérer Jason Barlow comme un de ses amis. Jason était passé de l'autre côté de la barrière, volontairement ou non. Et il n'y avait que ça qui comptait.
Cependant, David avait travaillé avec Jason durant plus de trois ans, et il perçut immédiatement que, sur ce sujet au moins, il ne lui mentait pas. Son étonnement et son incompréhension n'avaient rien de factice, de même que son effroi et son désarroi. Sa colère retomba alors quelque peu, cédant provisoirement la place à un vague sentiment de pitié et de dégoût. Il avait considéré Jason comme un bagarreur, et celui-ci, en réalité, n'avait su faire preuve que de faiblesse et de veulerie. Comment avait-il pu se tromper à ce point ?
" Où est-ce que je peux trouver tes nouveaux copains ? ", lui demanda-t-il abruptement.
" Je n'en sais rien. ", déclara Jason, toujours sur le qui-vive. " C'est la vérité, je t'assure : je ne connais même pas leurs noms ! Je ne sais même pas ce qu'ils veulent au juste ! Qui sont-ils vraiment, Dave ? Est-ce que tu le sais, au moins ?
- Ce sont des meurtriers. ", répondit-il sèchement. " Tu veux vraiment me faire croire que tu ne t'en doutais pas ?
- Pas au début. Je peux te le jurer sur la tête de mes enfants.
- Ils t'ont proposé de l'argent sale en échange d'une grosse liasse de billets, et toi tu les as pris pour des saints ?
- Je sais que j'ai eu tort d'accepter leur marché, mais je croyais vraiment que ça n'irait pas plus loin ! Ça ne m'enchantait pas de faire ça, mais j'avais besoin de ce fric ! Ça fait des années que je me tue à essayer de rendre cette ville plus sûre, et je suis quand même obligé de mendier auprès de mon banquier pour obtenir un crédit ! Tu trouves ça normal, toi ? Certains criminels gagnent plus de pognon en un mois que nous en un an !
- Et c'est pour ça que tu as décidé de rejoindre leur camp ? "
Jason parut accablé par cette remarque, et ses traits se décomposèrent totalement : " J'ignorais qu'ils étaient aussi dangereux. Crois-moi ou non, mais c'est la vérité ! Je ne comprenais pas pourquoi ils tenaient tant à retrouver cette gamine, et je ne le comprends d'ailleurs toujours pas…mais c'était si simple d'accepter… " Il fut interrompu par un bruit qu'il reconnut sans mal : c'était la sonnerie d'un téléphone portable. Il observa David, qui venait de sortir son cellulaire de son étui, et écouta malgré lui la conversation : " Lauren ? Où étiez-vous passée ? Ne bougez pas, j'arrive dans cinq minutes. "
Sur ces mots, David éteignit l'appareil, le remit à sa place et fit hâtivement demi-tour ; il ne parut se souvenir de la présence de son équipier qu'au moment de sortir de l'appartement : " Tu t'es mis dans le pétrin tout seul, Jason. ", lui lança-t-il. " Je crois que c'est à toi de t'en sortir. "
Jason Barlow regarda la porte claquer derrière lui et demeura un long moment figé, comme pétrifié. Enfin, il retrouva sa mobilité et alla s'écrouler dans son fauteuil. Il tendit la main et attrapa la bouteille de whisky ; le contenu doré alla s'échouer au fond du verre, et Jason l'avala immédiatement, ne se souciant plus de savoir ce que ses enfants penseraient en le voyant ivre. Il voulait oublier tout ce qui venait de se produire ; il voulait oublier sa faiblesse, ses mensonges et sa trahison. Et seul l'alcool semblait être en mesure de l'y aider.David n'avait pas réussi à comprendre grand-chose de ce que Lauren Walters lui avait raconté au téléphone, et de ce fait, il était pressé d'entendre la totalité du récit. C'est pour cette raison qu'il se permit d'oublier provisoirement le code de la route en grillant quelques priorités et en ignorant proprement l'existence de deux feux rouges.
La psychologue vint lui ouvrir sans qu'il ait besoin de sonner, et il devina qu'elle avait guetté son arrivée derrière la fenêtre.
" Vous allez bien ? ", lui demanda-t-il.
En vérité, il la trouvait plus pâle qu'à l'ordinaire, mais elle le rassura d'un hochement de tête : " Ça va.
- Qu'est-ce qui vous est arrivé ?
- J'ai fait sa connaissance. ", répondit-elle simplement. " J'ai rencontré Athena.
- Et vous…vous avez réussi à leur échapper ? "
Elle démentit d'un signe : " Non. Ils m'ont laissé partir. Tout simplement. Et sincèrement, j'ai autant de mal à y croire que vous. Je m'attendais à ce qu'ils me fassent connaître le même sort que Mona…ou qu'ils m'éliminent comme ils ont éliminé la sœur de Kathy… " Elle marqua une pause avant de poursuivre : " Je vous assure que j'ai eu la peur de ma vie. ", avoua-t-elle.
" Ça n'a rien de très surprenant. ", lui dit David. " Je me doutais de ce qui s'était passé, mais je ne pensais pas vous revoir aussi rapidement.
- Comment ça ? Vous êtes venu ici ? "
Il acquiesça : " Oui. Et quand j'ai vu que vous étiez partie sans même prendre le temps de fermer la porte derrière vous, j'ai deviné qu'il y avait quelque chose de bizarre derrière tout ça…
- Bizarre n'est pas le terme qui convient. ", déclara Lauren. " Je dirais plutôt que c'était presque surnaturel. Ils ont essayé de me convaincre de rejoindre leur cause. Vous vous rendez compte ? Ils voulaient que je les conduise à Kathy ! Depuis le début, j'essaie de les éloigner d'elle, et eux, ils espéraient que je leur permettrais de remonter jusqu'à elle ! C'est insensé, non ? Sans parler de la façon dont ils se sont présentés… Ils ont débarqué ici avec un badge du FBI, en me disant que l'agent Hartling voulait me parler. Comment connaissent-ils son nom ? Comment peuvent-ils savoir que c'est elle qui s'occupe du dossier ? "
David ignora la question, sachant qu'elle ne devait pas s'attendre à y recevoir une réponse : " Essayez de procéder dans l'ordre, d'accord ? À qui avez-vous parlé, précisément ?
- Je n'en ai aucune idée. Un homme très corpulent… Je crois que c'est un des principaux responsables de toute l'organisation. Il ne s'est pas présenté comme tel, mais c'est l'impression qu'il m'a donnée. "
Durant l'heure qui suivit, Lauren s'efforça de retranscrire chacune des paroles prononcées par l'inconnu ; elle s'obligea à n'omettre aucun détail, et ce récit laissa David Shelton plutôt soucieux, ce qu'elle ne tarda pas à remarquer : " Qui sont-ils vraiment, à votre avis ? Et pourquoi m'ont-ils laissée partir si facilement ?
- Ils espèrent peut-être que vous finirez par les rejoindre. ", hasarda-t-il.
" Et pour le FBI ? ", questionna-t-elle anxieusement. " Qu'ont-ils voulu dire ? Est-ce que l'agent Hartling pourrait vraiment nous dissimuler autre chose, ou est-ce qu'ils ont seulement dit ça pour m'embrouiller ?
- Ils ont peut-être raison sur un point : il est probable que les fédéraux ne nous aient pas tout dit sur les activités d'Athena. Mais ça se comprend : ils n'ont pas intérêt à rendre leur enquête publique s'ils veulent avoir une chance de les prendre au dépourvu.
- Mais s'ils avaient vraiment des motivations moins honnêtes ? Que pourrions-nous faire ?
- Ils ont sûrement d'autres raisons de s'intéresser à tout ça, c'est certain. ", affirma David. " Sur un plan de vue uniquement scientifique, Kathy ne peut pas les laisser indifférents. Mais leurs intentions sont certainement plus légitimes que celles d'Athena, et c'est pour ça que nous devons leur faire confiance. "
Lauren soupira : " Vous avez sûrement raison. Et puis nous n'avons pas vraiment le choix, il me semble… Je suppose qu'il va me falloir faire un compte-rendu de tout ça à l'agent Hartling, n'est-ce pas ?
- Ça me paraît préférable. ", admit-il. " Vous voulez que je m'en charge pour vous ? "
Lauren parvint à esquisser un sourire : " Non…mais si vous pouviez m'accompagner…
- Je n'avais pas l'intention de faire autrement. ", lui assura-t-il.
Ils ne tardèrent pas à monter en voiture, pour franchir une fois de plus les portes du FBI.
À SUIVRE